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« Aides humanitaires ? Un sale mensonge! » : Une ONG présente en Iraq depuis des années ACCUSE

Emergency, spécialisée dans la chirurgie des victimes de guerre est présente en Afghanistan, en Angola, au Cambodge, en Algérie et au Kosovo. En Iraq elle y est depuis plus de 10 ans. Elle a déjà deux hôpitaux au  nord du pays, un à Erbil, et un autre à Suleymania, et elle va ouvrir un centre chirurgical à côté de l’hôpital de Karbala, en accord avec les médecins et les autorités civiles et religieuses. On peut donc dire que cette ONG connaît bien la réalité iraquienne, et son créateur, le chirurgien bolognais Gino Strada, explique comment son « aide humanitaire » est arrivée EN PLEINE GUERRE à Bagdad et dans le reste l’Iraq, sans l’existence des fameux « couloirs humanitaires » tant cités par les médias et tant promis comme la carotte ou comme une récompense par les occupants américains.

 

Voici ma traduction de l'italien d’une partie de l’interview faite à Gino Strada, parue dans Il Manifesto  du 26 avril dernier :

 

"D’une manière ou d’une autre, ce sont les militaires qui ont créer les désastres humanitaires dans ce pays : les milices de Saddam Hussein avec leur dictature féroce, puis les bombardements anglo-américain de 1991 qui ont continué dans un silence général pendant plus de dix ans, associés à un embargo inhumain et criminel,  et maintenant une nouvelle ondée très lourde de bombes et l’occupation militaire américaine.

Ce serait donc ça « l’aide humanitaire » ? Ça fait longtemps que j’ai cessé de croire aux fables : ceux qui prétendent un couloir humanitaire sont de mauvaise foi, et ceci fait simplement partie du sale jeu de la guerre.  Et puis, ces aides, de qui devrait-on les protéger ? De tous ceux qu’on veut aider et qui voleraient pour eux-mêmes les aides, sans attendre qu’elles leur soient fournies gratuitement et avec un sourire ? Le vrai problème, c’est que les assassins et les va-t-en-guerre n’aiment pas se présenter de cette façon, ils préfèrent apparaître comme des « libérateurs », qui courent çà et là avec des milliers de blindés et de canons pour « aider » ces gens.  Moi, je suis entré en Iraq le 20 mars, quelques heures après le début des bombardements, tout d’abord au Nord, puis à Bagdad et à Karbala. Je n’ai éprouvé aucun besoin d’être protégé contre la population iraquienne, j’ai seulement eu peur, quand nous entrions dans les villages, qu’on nous prenne pour des Américains… Nous avons apporté beaucoup d’aide, les gens nous ont remerciés et nous ont embrassés, nous avons parlé avec un grand nombre d’entre eux, surtout avec les médecins. Ils étaient contre le régime de Saddam, mais ils ne sont pas en train d’exulter, ils veulent tous que les forces d’occupation s’en aillent, ils ne veulent pas de soldats armés dans leur pays, et il me semble qu’ils en ont le droit. Pour apporter des médicaments on n’a pas besoin de chars, il suffit, comme l’a fait Emergency, de simple camions.

 

Durant l’occupation du Kosovo, on a utilisé le terme infâme de « guerre humanitaire ». On a fait la même chose en Afghanistan, puis ici en Iraq, sur une plus grande échelle. Il s’agit d’un dessein précis, d’une stratégie articulée qui tend à justifier et légitimer les guerres, et elle se base sur deux piliers fondamentaux : l’information et les aides humanitaires. On raconte des mensonges, on invente des nouvelles, on manipule les cerveaux des gens. Ce ne sont pas seulement les journalistes « embedded » auprès des marines qui racontent leurs gestes et véhiculent leurs mensonges. Il y a aussi, et ils sont bien plus nombreux, les journalistes « embedded » des rédactions, véritables agents publicitaires de la guerre. Où sont les épouvantables armes de destruction de masse, si bien décrites avant l’agression militaire ? Ce terrorisme psychologique a servi à confondre une partie, même si elle est restreinte, de l’opinion publique. Maintenant, et seulement maintenant, Rumsfeld dit que ces armes « nous ne les trouverons jamais parce que Saddam les a détruites avant l’attaque ». Si c’était la vérité, alors pourquoi ont-ils attaqué ? Ensuite ils y a les aides, et les organisations humanitaires. Désormais le terme « humanitaire » est employé par tout le monde, par ceux qui veulent couvrir leurs propres crimes, et par ceux qui cherchent seulement un peu de publicité, par les politiciens et les militaires : il faudrait cesser de l’utiliser. En ce qui me concerne, je ne l’utiliserai plus. Là aussi il s’agit d’une stratégie bien précise, afin de tout embrouiller et faire en sorte que les gens fassent de moins en moins la différence entre ceux qui veulent tuer et ceux qui veulent sauver des vies. Je crois qu’il est vital que les organisations ne se prête en aucune manière à ce genre de jeux. Entre autre, ce serait moins dangereux pour leurs personnels. Ceux qui ont dévasté le pays, veulent maintenant se partager le gâteau du business de la « reconstruction » et offrent de l’argent aux propres entreprises et aux propres ONG.

 

Devant chaque édifice occupé par les troupes USA il y a tous les jours des manifestations de protestation : « Ni avec Saddam, ni avec Bush », lit-on sur de nombreuses pancartes, en arabe et en anglais. En tous cas, Emergency ne participera en aucune manière à la « coordination » qui aura lieu sous l’égide des troupes d’occupation. Le rapport de solidarité et d’amitié que nous avons avec la population et avec les autorités civiles et religieuses que les Iraquiens se sont donnés nous suffit amplement, Bien sûr, elles ne sont pas reconnues par les occupants.  Et puis, il faut bien le dire, quelle coordination, quelles aides ? Il s’agit d’une farce, dans l’attente, une fois de plus, de se partager l’argent de la guerre. .. Les médecins responsables des hôpitaux et les leaders religieux nous ont dit : « Nous sommes prêts à tous les types de collaboration, mais nous ne voulons rien avoir à faire avec les Américains ». Et pourtant, ce sont les « libérateurs », ou non ?

............

Au début, nous nous sommes préoccuper de réactiver l’hôpital de Al Kyindi, le plus important centre chirurgical de Bagdad. L’idée que les très nombreux blessés, civils surtout, ne pouvaient pas être opérés et qu’on les envoyait mourir dans les mosquées après une médication rapide était insupportable. Nous avions avec nous 30 tonnes entre médicaments et matériel chirurgical. Cela a été fondamental. Puis nous avons demandé de l’aide aux hôpitaux d’Emergency au Nord du pays. Ils sont descendus à Bagdad, eux aussi, avec des tonnes de médicaments, de draps et de couvertures, et les voir arriver a été une grande émotion. Toujours du Nord, nous avons fait arriver trois camions-citernes avec 45.000 litres de gasoil : dans la Bagdad libérée, dans le pays du pétrole, il n’y avait plus de carburant pour les générateurs des salles opératoires. Ensuite à Karbala, la ville sainte, une vraie surprise. Des gens honnêtes, ouverts, gentils, qui n’aimaient pas la dictature en uniformes verts, mais qui n’aiment pas non plus l’actuelle en uniforme à rayures et étoiles. Nous avons aidé l’hôpital Al Hysein, le plus important de Karbala, [qui était] dans des conditions désastreuses.  Nous avons transféré à Suleymania des dizaines de blessés, surtout des enfants, blessé dans des bombardements et coupés en morceaux par les bombes à fragmentation américaines, et qui ne pouvaient pas être opérés à Karbala. Avec les médecins et les leaders civils et religieux, nous avons ensuite pensé à un nouveau centre chirurgical, un lieu de paix dans la ville sainte, pour soigner les blessés et recoudre les rapports humains. Ce matin, tandis que la nouvelle équipe allait à Karbala pour signer avec les autorités locales l’accord pour le nouveau centre, un bus plein de familles était en voyage de Karbala à Suleymania, afin de rendre visite aux propres parents. Le centre de Karbala sera pour Emergency un projet très engagé, en ressources humaines et financières : la construction, l’équipement du centre, les instruments chirurgicaux, le personnel national et international… Il nous faudra 2 millions d’Euro, mais nous n’avons aucun doute, nous sommes sûrs d’y arriver, beaucoup de monde nous aidera.

 

On ne peut pas la définir comme une cérémonie, aucune formalité, à part le fait que le Dr. Hassan étrenne une cravate neuve, mais le moment de la signature du mémorandum d’entente entre Emergency et le comité du gouvernement de la ville de Karbala a son instant de solennité, simple, fait de confiance qui se traduit en marques de familiarité. L’aspect concret et le respect ont permis, en quelques semaines, de créer les conditions pour mettre en marche un grand projet, non pour la population de Karbala, mais avec la population de Karbala. Le mémorandum, signé par Gino Strada pour Emergency et par le Comité du Gouvernement de Karbala par Le Dr. Karim Al Naffii, directeur de l’hôpital Al Huseyn, par le Dr. Saad Al Nasrawi, directeur Général de la Santé et par le Gouverneur de Karbal, Mozir Al Hakim, signifie que les travaux de restructuration de l’hôpital et ceux de la construction du nouveau Centre chirurgical où les médecins et les infirmières d’Emergency et leurs collègues iraquiens travailleront ensemble, commenceront tout de suite. Le nouveau centre s’appellera « Salam », Paix."

 

Je crois de plus en plus que seuls les hommes de bonne volonté de ce genre peuvent sauver notre planète.

Ecrit par ImpasseSud, le Lundi 5 Mai 2003, 22:15 rubrique "Société débats".
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Commentaires :

  william
william
06-05-03
à 15:26

Je ne pense pas qu'ils sauveront le monde, mais ils panseront les plaies de la guerre, il n'y a aucun doute.

PS: très courageux de traduire un si long texte!
Un autre commentaire?

  ImpasseSud
ImpasseSud
06-05-03
à 18:59

Re:

D'une part j'adore faire des traductions, et d'autre part j'aime raconter les faits et gestes des hommes de bonne volonté, de ce genre de personnes qui ne veulent convaincre personne, mais qui travaillent efficacement et en silence à rendre la vie des déshérités moins insupportable, finissant ainsi par tirer le meilleur de l'homme... au lieu du pire comme le veut de plus en plus notre société d'aujourd'hui, vu que nous sommes tous ambivalents.

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